Le club des lecteurs numériques

23 janvier 2012

{lecture commune} Rien ne s’oppose à la nuit – Delphine de Vigan

Filed under: avis de lecteur — Delphinesbooks @ 19 h 57 min

Une lecture commune autour de ce texte, 4 avis, 3 qui se rejoignent et un dissonant.

Avis de Martine

J’ai beaucoup aimé la première partie : on y voit une famille nombreuse, originale comme on peut en avoir rencontré dans sa vie. Les enfants peuvent y vivre une jeunesse formidable qui va les marquer à vie et qui va aussi marquer ceux qui ont l’occasion de partager un peu de cette vie car ces familles sont très souvent accueillantes et ouvertes à d’autres. Les enfants de ces grandes familles seront souvent des personnalités en relief ou en creux, ayant hérité des qualités et défauts familiaux. Lucile en est un exemple : personnalité d’apparence fragile mais très forte, forgée par sa famille et qui ne laisse pas les autres indifférents, mais qui n’échappera pas à la folie, tare familiale ( ?).

La dérive de Lucile vue par sa fille est difficile à lire. On se sent parfois voyeur devant des détails sordides qui n’auraient peut-être pas dû sortir de l’enceinte familiale mais dont on perçoit que l’auteur en les dévoilant fait son travail de deuil. J’ai parfois posé le livre.

On y voit toute l’ambivalence des rapports mère/fille : l’auteur au bout d’un parcours cahotique réalise qu’elle aime sa mère et que sa mère l’a toujours aimée. Il a fallu passer par beaucoup de moments très durs pour l’une comme pour l’autre pour le découvrir.

J’ai beaucoup aimé la façon dont l’auteur nous fait part de son travail d’élaboration du roman, terme d’un cheminement dans l’histoire d’une famille atypique, sa famille.

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Avis d’ Helran

Grâce au club des lecteurs numériques, j’ai pu lire le livre Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan, qui nous plonge dans sa famille et sa mère atteinte de trouble bipolaire.

Au départ, j’ai eu peur qu’elle raconte sa mère. Dans le sens où, aussi légitime qu’il soit, je n’aime pas les récits ou l’autobiographie d’une personne écrite par une autre. J’avais donc peur de trouver un récit à la 3ème personne du singulier tout le long du livre tentant de raconter la vie d’une personne. En fait, je ne vois pas comment on peut raconter quelqu’un d’autre. Sauf que ce n’est pas le cas, on a tout le cheminement de la pensé de l’auteur, sur le but de ce livre, les démarches qu’elle a faite pour recueillir des documents écrits et audios sur Lucie, sa mère. Auquel s’ajoute des anecdotes et autres récits de l’auteur, de Lucie et de sa famille. Certaines parties sont des récits que l’auteur n’a pas vécus mais d’après les dires de la famille nombreuse. D’autres, vécues et assistés. J’ai donc apprécié, le fait qu’elle ne s’approprie pas la vie d’une autre personne, mais qu’elle l’a raconte à travers ce qu’elle a vécue. C’est donc subjectif et je préfère ca à de l’appropriation d’une vie.

Mais comme on se rend compte que l’auteur est assez éloigné de sa mère, contrairement à sa sœur, on n’apprend pas tant de chose sur Lucile, elle reste floue. Bien sure on a quelque info sur son caractère effacée dans sa jeunesse, quelque description de ses crises et l’évolution de sa maladie. Tout de même, j’ai plus pris ce livre comme étant l’évolution  et les étapes de l’auteur pour essayer de comprendre sa mère et sa famille, plutôt que d’un livre sur Lucile et sa maladie (ce que je pensais qu’était le livre au départ). Notamment à cause de cette alternance, récit et explication du cheminement de Delphine.

Ce livre m’a plut, j’ai vraiment apprécié d’entrer dans cette famille et découvrir ce qu’elle y cache et ses secrets. Ensuite, le style de Delphine De Vigan est génial. Vraiment, je crois que je n’ai jamais lu un style aussi agréable à lire et bon, sans les radotages lourds, car même s’il y a des répétitions, c’est tellement bien écrit que ca n’est pas choquant ou ennuyant. C’est peut être aussi pour ca que j’ai adoré me plonger dans cette famille, car le style rend ces tribulations intéressantes et vivantes. C’est donc un livre que je vous conseille.

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Avis de Sabine

Sans doute avais-je envie de rendre un hommage à Lucile, de lui offrir un cercueil de papier – car, de tous, il me semble que ce sont les plus beaux – et un destin de personnage.

J’ai failli arrêter ma lecture au bout d’une dizaine de page de ce livre que j’attendais comme un roman et qui est en fait un récit. Je ne m’y attendais pas et je n’avais pas le désir de lire le  chagrin hémorragique et silencieux de cette Lucile, mère de l’auteur. Mais prisonnière d’une salle d’attente, j’ai continué et je me suis laissée prendre aux tripes par cette histoire de famille qui fait voler en éclat le vernis du bonheur au fils des pages.
Delphine de Vigan réussit grâce à son écriture à  faire surgir cette élégance qui consiste à mêler le prosaïque à la douleur, l’anecdote à l’essentiel. Pas de fausses pudeurs, la quête de la vérité prime et emporte le lecteur dans le tourbillon de cette vie exceptionnelle.
Une autobiographie poignante, troublante, sensible. Un livre douloureux et bouleversant.
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L’avis de Delphine’s books

J’ai reculé pour lire ce texte parce qu’ il était partout, le sujet était lourd, je venais de lire Et rester vivant où Jean-Philippe Blondel évoque aussi les drames de sa vie. Beaucoup de raisons de ne pas lire ce livre, j’ai eu l’occasion de le recevoir en numérique et je me suis lancée.

Donc, lecture éclair, en une journée, dans une sorte de transe. J’ai aimé le portrait donné d’une femme extrêmement courageuse, qui se bat contre elle-même, contre sa famille, la société et pour ses filles. L’auteur dresse en même temps le portrait d’une famille anéantie par les drames, les maladies et écrasée par les non-dits sur plusieurs générations.

J’ai moins aimé participer au cheminement de l’écriture qui ne m’a pas vraiment intéressée parce que je l’ai trouvé un peu artificiel. Au final, on se sent un peu voyeur face à un tel livre, face à tant de drames. J’avoue que je comprends assez mal l’engouement face à ce livre. Certes il permet à l’auteur de tenter de comprendre pourquoi sa mère a été malade toute sa vie et pourquoi elle-même a subi aussi cela, il lui permet de faire un travail de catharsis mais aussi de rendre un bel hommage à sa mère, mais pour nous lecteur, à part que de voir que de tels drames sont possibles dans une famille, j’ai du mal à en voir l’intérêt…

On a beaucoup évoqué la littérature d’aujourd’hui qui tourne beaucoup autour de l’autofiction (lire le texte de Jourde sur le sujet), je suis généralement assez friande de ce type d’écrits (Carrère, Ernaux, Blondel, etc.) mais là, il y a quelque chose qui m’a gênée, que je ne parviens à définir davantage à part ce sentiment malsain d’être voyeur. J’ai lu ce livre très rapidement, et je n’en retiens pas grand chose. Si, ce sentiment de malaise et l’image d’une femme très courageuse, c’est déjà ça, peut-être.

1 Commentaire »

  1. [...] lecture commune dans le cadre du club des lecteurs numériques. D’autres avis à découvrir sur le [...]

    Ping par - Delphine's Books & more — 25 janvier 2012 @ 8 h 07 min


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