C’est plutôt triste, un homme perdu – Emmanuelle Urien

13 mai 2012 § Poster un commentaire

 Lu par Christian

Quand je commence un recueil de nouvelles courtes, c’est souvent parce que je n’ai pas l’envie ou le temps de lire longtemps d’une traite. Je souhaite aussi que ces moments soient pleins car à l’évidence, ce sont des jours où, justement, personne ne souhaiterait galvauder les occasions de se faire plaisir. Ces petites pages numériques de Emmanuelle Urien ont le bon profil et répondent à cette attente.

Cette auteure aux talents multiples1 a plusieurs romans à son actifs et le premier constat est l’écriture assurée, avec une concision dans les formules qui font mouche: afficher une préoccupation fabriquée de toutes pièces et démentie seulement par le vide du regard, pour dire l’attitude sur les trottoirs affairés de Paris, intellectualiser l’incident pour oblitérer tout sentiment de culpabilité, après le refus à un quêteur. J’aime ce laconisme: briefly said for a better short story, je ne sais plus qui l’a dit, peut-être moi qui le pense à l’instant et c’est mon credo pour tous les auteurs de nouvelles, a fortiori courtes: de grâce, évitez le délayage.

Je ne donnerai cependant pas un dix car à mon sens, Autopsie d’une pierre tombe dans ce travers: l’image du désabusé de pierre est belle mais se tiendrait mieux en quelques lignes qu’en six pages : la métaphore pèse.

Des hommes à la dérive sont l’objet de tous les textes, rien que des hommes, un chercheur atteint de burnout, un amoureux transi, un sans domicile, un mari excédé,… tous en quête ou en fuite ont pris un chemin de traverse périlleux, et se retrouvent là où les gens ne vont pas. Toute nouvelle réussie implique que le lecteur soit tenu par l’attente d’une chute qui force ou renforce une interprétation du récit et c’est adroitement mené ici. Trois textes sortent vraiment du lot :Mélodies urbainesGaudium et Têtes mortes.

Publié aux Éditions ONLIT 100% numériques qui ont présenté quatre nouveaux livres fin avril après les débuts remarqués de février. Visitez le site: des textes libres en ligne et une nouvelle gratuite d’Edgar Kosma à l’achat d’un titre.

Emmanuelle Urien est romancière, traductrice, musicienne et chanteuse. Découvrez-la mieux ici.

Lu sur Sony T1 dans un bon format ePub.

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Avis d’Helran

Grâce aux Onlit éditions , j’ai pu lire le recueil de nouvelle d’environ 120 pages, C’est plutôt triste, un homme perdu de Emannuelle Urien.

C’est plutôt triste, un homme perdu est un receuil de 7 nouvelles différentes les unes des autres mais avec un point commun, l’histoire d’un homme « perdu », seul, triste. Il y a aussi une femme plus ou moins présente et en rapport avec cette homme.

Comme chacun nouvelle est différente, on peut en aimer une et pas la suivante et vice versa. Le style et l’écriture est vraiment génial. Les phrases et le vocabulaire sont riches sans être pompeux. Ca passe très bien à la lecture, c’est très naturel et agréable à lire.

Parmi les nouvelles, j’ai adoré Le soleil de la photo, qui nous parle d’un libraire dont les clients se font de plus en plus rare, sauf cette fille, qui semble, au look, être sdf ou abandonné, qui vient lire les livres sans dire un mot chaque semaine.

Gaudium est ma nouvelle préférée, peut-être parce qu’il parle de deux scientifiques. On suit un scientifique qui a récupéré les notes de recherche de son collègue devenu « fou ». Il y découvre ses projets de recherche, sa relation avec ses recherches et les plantes qu’il affectionne mais aussi sa relation amicale avec sa femme à qui il demande des conseils de botanique.

J’ai bien aimé Autopsie d’une pierre, qui est extrêmement bien écrit. C’est très court mais intense dans la vie d’une pierre.

Je n’ai pas du tout aimé Mélodie urbaine, bien que ça parle de cette mélodie ambiante, elle ne m’a pas du tout emportée dans le flot de sa musique et de cette voie féminin.

Têtes mortes est la nouvelle la plus « sensible », elle parle d’un père qui retrouve sa fille après plusieurs années. Sauf que ce père était très et trop violant. Encore une fois très bien écrit et très émouvant, surtout la fin.

Porter le chapeau ne m’a pas du tout interpellé, j’en ai même oublié de quoi sa parle, hormis le fait que c’est l’histoire d’un promeneur.

Pour finir, l’histoire que j’ai le moins aimé, Bateau sur l’eau. Cette histoire d’un homme qui aime une femme qui ne l’aime pas et cette comparaison à un bateau par moment, m’a profondément ennuyé. Cette thématique m’ennuie quoi qu’il arrive, même si c’est très bien écrit.

Au final, j’ai adoré 4 nouvelles sur les 7. Les 3 autres étant par manque d’affinité avec le sujet abordé, une histoire de goût. Quoi qu’il en soit, elles sont toutes très bien écrite et vaut le coup d’œil.

Ce recueil est disponible au format Epub et PDF (et disponible aussi sur les produits Apple, kindle, amazon etc) pour 3,99€. Plus d’information sur le site des éditions Onlit . D’autant plus que jusqu’au 20 Mai , pour l’achat d’un ebook chez Onlit, vous recevez gratuitement la nouvelle d’Edgar Kosma, 20 ans de l’autre coté.

Pour finir, voici un extrait de la nouvelle Gaudium « La plupart des chercheurs que nous sommes s’accommodent de n’être que des maillons dans une longue chaîne d’études menant aux révolutions scientifiques. Théodore, lui, rêvait de bonds de géant au lieu des petits pas qui sont notre lot commun. »

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