Le club des lecteurs numériques

27 avril 2012

Samedi 14, Jean-Bernard Pouy

Filed under: avis de lecteur — Delphinesbooks @ 9 h 34 min

Lu par Aldus
Samedi14Vendredi 13 oblige, lu ce week-end le premier titre d’une série de polars démarrée en octobre dernier sous ce titre de collection aux Editions La Branche. 13 titres prévus au programme bien entendu. Le premier d’entre eux, c’est “Samedi 14″ de Jean-Bernard Pouy. Tout le monde connaît Pouy, illustre initiateur devant l’éternel du divin Poulpe. Ce nouveau roman dans la lignée des meilleurs. Ne pas réveiller la bête qui sommeille. Un vieil anarchiste rangé avec son RSA et ses légumes dans une bicoque du fin fond de la Creuse, se voit un matin réveillé par une troupe de CRS diligentés pour protéger ses voisins, parents du nouveau ministre de l’Intérieur. Toutes ressemblances. Bouclage, évasion, cavale. Le pouvoir en place va trembler sur son siège à coup de scandales à répétitions dans tous les canards nationaux, de tous bords d’ailleurs pour ratisser bien large, le bougre devenant l’homme le plus recherché de France. Attrapera, attrapera pas. On ne s’ennuie pas un seul instant au rythme de la centaine de pages qui nous entraine dans toute la France et sur les pentes du Stromboli. Raymond Queneau nous accompagne tout le long du road movie, les pages choisies dans les deux pléiades qui complètent le bagage du bonhomme. On s’amuse beaucoup, c’est drôle et décapant en diable. On attendra tous l’éruption finale, pas déçu du voyage. Une série qui démarre au quart de tour, les autres vite. La version numérique à petit prix et sans DRM, de quoi passer aux amis pour s’en faire offrir d’autres. Elle pousse La Branche!

23 avril 2012

Angkor ou les génies décapités de Nicole Provence

Filed under: avis de lecteur — Delphinesbooks @ 14 h 38 min

Lu par Phooka

7.80 euros en epub ou pdf
Vous pouvez l’acheter ici 
jeunesse
Un bonze assassiné dans un des célèbres temples d’Angkor, juste au moment où Cléa la fouineuse passe ses vacances au Cambodge avec son gendarme de père. Belle occasion de se lancer dans des aventures palpitantes au milieu de la jungle ! Qui se cache derrière un fructueux trafic de statues antiques ?

Lire quelques pages 

L’avis de Phooka:

Voilà un roman qui détonne dans le paysage actuel de la littérature jeunesse et ça fait un bien fou! Loin des sorciers, dragons et autres vampires, Nicole Provence nous emmène au Cambodge à la suite de Cléa une jeune ado dynamique et au caractère fort. Ne vous laissez pas influencer en tout cas, si comme moi vous n’êtes pas fan de cette couverture, le contenu  lui, vaut le coup.? Cléa  va vivre une grande aventure en compagnie de son “presque ” frère Yanis et d’un jeune moine, Tep. Ces trois là, vont unir leurs forces et leurs connaissances pour résoudre un mystère et enquêter comme le font les grands détectives.

Un polar donc, pour les jeunes ados. Mais un polar exotique et plein de mystères. Nicole Provence nous fait découvrir le Cambodge, pays qu’elle connait sur le bout des doigts (elle y a vécu) et on sent qu’elle l’aime. Elle nous le faire découvrir par petite touche, à travers Tep bien sûr, ce jeune moine handicapé, mais aussi à travers les femmes que l’on croise. Un décor somptueux pour une aventure toute en finesse, digne des Club des Cinq et autres Clan des Sept. Un récit qu’on pourrait qualifier de “à l’ancienne” sauf que ce n’est nullement péjoratif et nullement un défaut.
Le lecteur suit Cléa, Yanis et Tep avec un énorme plaisir, à la fois captif du mystère qui rôde mais aussi envouté par le charme et l’atmosphère si bien rendue du Cambodge. Une vraie aventure qui nous emmène loin et qui dépayse.
 La plume de Nicole, toujours poétique et pleine de retenue, convient particulièrement à ce genre de récit. Auteur de polar pour adulte, elle arrive admirablement à passionner ses jeunes lecteurs et les moins jeunes pour cette enquête au milieu des monastères et de la forêt.
Un livre pour les 10-12 ans, qui change des publications actuelles et qui , du coup n’en est que plus intéressant.

On ne reviendra pas sur la couverture que je ne trouve pas très réussie (grand sujet de discussion :) ), compte tenu du lectorat auquel le roman s’adresse, mais peu importe, il vaut le détour !

Fugues – Pauline Doudelet

Filed under: avis de lecteur — Delphinesbooks @ 10 h 45 min

Lu par Pauline

Je vous avais déjà parlé de Pauline Doudelet, pour ses Petits meurtres à Paris, à l’époque j’avais dit que j’en lirais d’autres, eh bien c’est chose (enfin) faite !

Aujourd’hui je vais donc vous parler de Fugues ! Quand j’en entends ce mot, cela me fait penser à la musique. Mais là ce n’est pas le sujet ! Ici il s’agit bien de fugues au sens où on l’entend régulièrement dans les journaux.

La couverture, soumise aux choix des lecteurs il y a quelques mois sur le site de Pauline est aussi intrigante et belle que l’histoire et m’attirait depuis longtemps !

Au départ, il s’agit de l’histoire d’un fugueur de 40 ans qui achète une bâtisse isolée du monde et dont personne ne veut à cause de meurtres qui y ont été commis. Lui, il l’achète cash. Il y rencontre une fugueuse de 16 ans qui ne veut plus voir son père.

Ce récit ne commence ni par le début, ni par la fin, mais plutôt pas le milieu ! Au lecteur de remettre les faits dans l’ordre ! Je me suis d’ailleurs un peu emmêlé de temps en temps et des indicateurs de temps ne seraient peut-être pas une mauvaise chose, surtout lors du premier retour en arrière où l’on est un peu surpris ! Le récit commence par le début de la nouvelle vie de nos deux héros. Deux héros que les sentiments ne devraient pas unir. Et pourtant, leur passé, leur présent et même leur avenir, tous les unis. Ils sont unis pour survivre dans un environnement qui leur est hostile et où la France entière est à leur recherche.

C’est un roman qui mêle sentiment et polar, et qui est haletant pour le lecteur. La relation entre les deux héros peut être gênante pour le lecteur, mais elle est clairement expliquée et compréhensible. Commencez-le, vous ne pourrez plus vous arrêter.

Pour vous le procurer, il vous en coutera 2,99€ sur le site de Pauline Doudelet ou sur toutes les bonnes librairies numériques. Et bonne nouvelle pour ceux qui n’ont pas encore de liseuse, vous pouvez aussi vous le procurer en version papier à la même adresse !

Sinon, au rayon polar, Pauline a également écrit Petits meurtres à Paris et Pluie de corps qui vient de paraitre chez Numeriklivres.

Pluie de corps – Pauline Doudelet

Filed under: avis de lecteur — Delphinesbooks @ 10 h 42 min

Lu par Sediter

Retournons faire un tour du côté de Pauline Doudelet, auteur auto-éditée dont je vous parle régulièrement car je l’apprécie autant que ses textes, et qui a l’avantage d’être l’une des rares twittos à connaître mon visage, ce qui fait d’elle une menace potentielle pour moi ! Plus sérieusement, je parlerais ici de l’un de ces derniers textes, pour lequel elle a trahi la cause de l’auto-édition en s’alliant bassement au diabolique éditeur Numérik.livres (tout est expliqué dans cet article). Le résultat n’est autre que Pluie de corps, un polar (nous y reviendrons…) bien de chez moi puisqu’il se déroule dans la bonne ville de Lille, d’où est originaire l’auteure.

Pluie de corps décrit l’enquête de l’inspecteur Henri Lefèvre, un flic lillois un peu désabusé confronté à une série de mystérieux suicides. Progressivement, de plus en plus de personnes se jettent des toits en hurlant quelques prédications incohérentes. Henri est chargé de découvrir pourquoi, ce qui est loin de le passionner, d’autant plus qu’on lui a refilé le jeune Jules, un bleu un peu crétin qui lui colle aux basques. Leur enquête mènera les deux flics dans différents endroits “pittoresques” de la ville, depuis un calme musée bien rangé au sous-sol plus hasardeux d’une boîte sadomasochiste.

Ce roman est présenté comme un polar, ce qui n’est pas forcément faux car nous suivons bien une enquête policière, avec de vrais policiers et de vrais cadavres. Néanmoins, ne vous attendez pas à un polar noir et torturé. Comme je m’y attendais, nous retrouvons ici le ton piquant et drôle de l’auteure, qui ne se prend pas réellement au sérieux dans cette enquête un peu décalée. Certains passages vous arracheront rires ou sourires, notamment concernant une horrible déviance sexuelle que notre brave inspecteur est loin d’assumer…

La couverture d’un roman lillois nécessitait au moins une averse et quelques parapluies

J’ai apprécié Pluie de corps comme on apprécie une bonne histoire, surtout grâce à ses dialogues et au caractère bien trempé de ses personnages. Je salue le choix de l’auteure de faire dérouler le récit en France, et non à Miami ou Manhattan comme il est d’usage en ce moment ! Néanmoins, je déplore un peu que le côté “lillois” ne soit pas plus approfondi avec finalement peu de mention des “décors” et de lieux.

Je conseille particulièrement ce livre aux lecteurs qui veulent passer un agréable moment aux côtés d’un inspecteur un peu barrés, plus qu’aux fans de polar purs et durs. Vous trouverez Pluie de corps dans toutes les librairies… numériques bien sûr !

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Pietr le Letton – Georges Simenon

Filed under: avis de lecteur — Delphinesbooks @ 10 h 41 min

Lu par Christian de marque-pages

Avec ce roman terminé en 1929 sur son bateau l’Ostrogoth, à bord duquel il écrivit au début de sa carrière d’écrivain, Georges Sim inaugure son patronyme Simenon et le commissaire Maigret apparaît pour la première fois en mission officielle. Les publications n’ont pas suivi l’ordre des avènements de l’écriture si bien que Pietr le Letton fut seulement le cinquième Maigret en librairie. Pour cette première, le commissaire fait fort: perte d’un homme, blessé lui-même à la poitrine, inébranlable nerveusement et aussi résistant qu’un sanglier, il ne dort pas durant plusieurs jours jusqu’à l’aboutissement de son enquête qui comptera quatre morts auxquels s’ajoute le suicide final d’un coupable. Un flic très motivé pour 2200 francs anciens par mois…

Je passe sur les détails de l’intrigue dont vous trouverez partout de nombreux résumés. Je retiendrai surtout les deux théâtres principaux: le palace parisien Majestic et le port de Fécamp1.

Retenez encore que le récit exploite intelligemment la ressemblance de jumeaux qu’embrouille une incroyable faculté d’imitation du suspect principal. L’ensemble est plausible et ne traîne pas. Simenon (dois-je dire Maigret ?) ne joue pas la stupeur et favorise la psychologie: il attend la faille. Je vous avoue que je ne considère pas l’intrigue comme essentielle dans un vieux polar: j’en sollicite des atmosphères, des indices de ces années où mes parents grandissaient.

Alors laissons le commissaire en convalescence endormi dans un oreiller en plumes et Madame Maigret surveiller ses casseroles, pour nous pencher sur les verres de fil-en-six que Maigret appréciait quelques pages auparavant dans un bistrot louche du port normand. Comme indiqué par l’excellent blog Les alcools des vieux bistrots, il s’agit d’une eau-de-vie devenue très rare. A consommer avec modération: ne suivez ce Maigret-là et surtout pas le letton alcoolique, on atteint les 60° !

Entre Paris et Fécamp, le fonctionnaire Maigret voyage en wagon de troisième classe. Celle-ci, avec ses sièges en bois, a disparu de nos régions en 1956: je n’ai pas connu ces trains-là et mes fesses se souviennent à peine des banquettes dures des tramways de Liège.

Dans Pietr le Letton, on communique par câblogrammes (le mot saute aux yeux du brocanteur de dictionnaire): comme le nom l’indique, il s’agit de messages transmis par câbles souterrains, sous-marins ou télégraphiques. On câblait son arrivée, on informait par câble. Dans les années folles, le sans fil était moins répandu qu’à l’ère de nos satellites… Il n’y a pas cent ans de cela: on a du mal à imaginer un détective actuel privé de communication sans fil.

Si je vous dis encore que Maigret nettoie sa pipe avec des plumes de poulet et qu’il tisonne une grille de poêle à charbon pour avoir chaud dans son bureau, résisterez-vous à l’envie de vous plonger deux heures délicieusement désuètes dans un policier fleurant le cigare Henry Clay ?

Chaque époque ayant son attrait, j’ai lu ce livre sur ma fidèle liseuse électronique Sony T1 en format ePub.

1 C’est à Fécamp que Simenon a fait construire son cotre l’Ostrogoth.

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Le viel homme et la mer – Ernest Hemingway

Filed under: avis de lecteur — Delphinesbooks @ 10 h 37 min

Lu par Francoise (la souris qui raconte)

Tout le monde connaît cette œuvre courte d’Ernest Hemingway, et les initiés connaissent la traduction récente faite par François Bon. Une traduction polémique, dont il était question aussi ici ! Je ne reviendrai pas sur ce sujet qui a incontestablement donné à ma lecture une dimension qu’elle n’aurait pas eu si cette controverse ne l’avait pas précédée. La noblesse d’une traduction respectueuse (pour ne pas dire amoureuse) attaquée par des requins d’une espèce inconnue en mer, et dont je ne ferai pas la publicité… Une mise en abîme du livre ?
J’ai éprouvé un très grand plaisir à la re-lecture de  ce texte. Comme beaucoup de pré-ados, je l’ai étudié en classe ; et probablement comme beaucoup de pré-ados je n’en avais, alors, pas apprécié la véritable dimension. Je ne vous ferai pas l’affront de vous résumer l’histoire. Le hasard faisant souvent bien les choses, et comme chez La Souris Qui Raconte, l’image est aussi importante que le texte, mon résumé sera celui de Hagen Reiling dont je vous laisse apprécier toute la maîtrise du tracé.

Un vieil homme, un enfant, un poisson « frère », des requins… tels sont les protagonistes de cette œuvre qui prônent des valeurs d’amitié et de solidarité, de force et de combativité, de stratégie bienveillante aussi (si, si, c’est possible) ! J’ai aimé sans retenu ce vieil homme, noble, grand, beau… J’ai aimé la valeur du combat équitable, entre Santiago et l’espadon qu’il appelle son frère ; chacun dans le respect de la force de l’autre, mais l’un plus malin que l’autre ! J’ai aimé l’amour de l’enfant, Manolin, qui a tellement de choses à apprendre de Santiago, et dont il n’a jamais douté. J’ai soutenu Santiago dans son combat contre l’espadon, j’ai essayé de comprendre sa tactique de pêche, et comment, au bout de trois jours et deux nuits, il l’arrime à son embarcation. J’ai été soulagée de le voir épuisé mais vainqueur !

Le récit n’aurait certainement pas eu la même portée philosophique si le vieil homme était simplement rentré au port, après une pêche miraculeuse qu’il n’espérait plus. Hemingway lui impose un combat supplémentaire. Bien plus vil, bien plus lâche, disputé par des requins avides. « Le vieux » comme Santiago s’appelle lui-même, est épuisé. Il n’a presque rien mangé depuis des jours. Ni dormi. Ses mains et son dos le font terriblement souffrir. Et pourtant, il doit combattre encore, comme pour se justifier ! Dès lors que le premier requin entame la chair de l’espadon, les suivants se succèdent sans laisser de répit au vieil homme, dans une bataille dévastatrice et injuste.

Ce combat c’est le combat de sa vie. Pour sa survie. Pour la mémoire de son frère. Il doit vaincre… malgré tout.

Cette œuvre, remarquablement contemporaine, m’a profondément émue, vous l’aurez compris ! Elle renvoie à beaucoup de fondamentaux, que j’essaie tant bien que mal de défendre dans mes propres publications. Le respect de soi et des autres, même si l’autre est, ici, un espadon. Ce poisson gigantesque sorti du ventre nourricier de Dame Nature. Il est le « Bon » de la Nature, quand le requin est le « Mal » ! Il est bien sûr question de bravoure et de courage, et le choix d’un vieil homme est essentiel. Car ce qui le rend fort n’est-ce pas sa sagesse plutôt que ces muscles fatigués ?  Enfin l’enfant. L’innocence. Il aime ce vieil homme et n’a jamais cessé de croire en lui, même vieux, même sur la fin de sa vie, parce que justement, il a tant à lui apprendre !

Alors, le moins que le vieil homme puisse faire, au nom de son frère, au nom de Manolin, par respect pour lui-même aussi, est de ne pas s’avouer vaincu, jamais. De ne pas bouder la chance qui a mis sur sa route ce poisson qui, à lui seul, aurait pu nourrir un homme tout un hiver, et le rapporter, coûte que coûte.

Une leçon d’humilité remarquable que je vous invite vivement à partager ! Merci Monsieur Hemingway et merci Monsieur Bon !

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Basse Fosse – tome 01 – Le Baiser du Rasoir – Daniel Polansky

Filed under: avis de lecteur — Delphinesbooks @ 10 h 36 min

Lu par un lecteur en colère meslecturesnumeriques

Basse-Fosse. La ville du crime.

Les hors-la-loi sont rois, les femmes, fatales. Disparaissez, et les gardes s’assureront que personne ne vous retrouvera jamais.

Prévôt est dealer. Il a été soldat. Il a été agent de la Couronne. Il a tout vu, et même pire. Difficile de trouver âme plus tourmentée. Il est aussi le plus à même de traquer l’assassin qui sème derrière lui les corps d’enfants horriblement mutilés.

Un sinistre jeu de piste où le chasseur pourrait devenir proie.

Avec l’âge, et les déceptions trop nombreuses sur la Fantasy moderne, je me méfie de plus en plus de ce genre littéraire lors de mes choix de lectures. Mais avec tout le buzz fait par Bragelonne autour de celui-là, je me suis dis, et pourquoi pas ? Il faut admettre que ce livre fut bien vendu sur les différent médias sociaux de Bragelonne, suffisamment en tout cas pour attirer mon regard désabusé par la Fantasy.

L’originalité de ce livre, c’est un savant mélange de roman policier que je qualifierais de noir et d’une touche de Fantasy. Avec un héros déchu, dealer de drogue, au vocabulaire peu châtié, on se retrouve face à un Bragelonne Fantasy atypique, loin des épopées grandioses à travers de multiples royaumes, aux personnages toujours plus nombreux que j’affectionne tant.

Mais cela n’empêche en rien l’auteur de nous construire un univers, certes limité géographiquement et temporellement, très élaboré dans le soucis du détail. Pimenté de flash-back pour nous en apprendre plus sur le personnage principal, la ville et son histoire, cette « en »quête policière est menée de main de maître par l’auteur, nous emmenant vers une fin inattendue que je vous encourage à découvrir.

Petit bémol personnel, les arguments de ventes de Bragelonne m’avaient fait espérer un livre de Fantasy assez sombre que je n’ai pas tout à fait retrouver dans ce récit. Les canons de la Fantasy restent « propres » et « balisés ».

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16 avril 2012

Avant d’aller dormir de S.J. Watson

Filed under: avis de lecteur — Delphinesbooks @ 11 h 28 min

Lu par la plume bavarde

Premier roman de S.J. Watson, première lecture sur mon iPad, première contribution pour le Club des lecteurs numériques, “Avant d’aller dormir” a revêtu une importance particulière !

Christine, 47 ans, se réveille un matin au côté d’un homme qu’elle ne reconnaît pas… avec 25 ans de plus qu’elle n’avait au coucher, croit-elle. Christine est en fait atteinte d’amnésie. Après chaque sommeil profond, sa mémoire s’efface. Son histoire touchante, parfois amusante parfois terrible, dépend de Ben, celui qui lui rappelle être son mari et Dct Nash qu’elle voit en cachette pour se soigner contre l’avis de Ben… Ce qui va l’aider ? Tenir un journal intime qui va aider sa mémoire à démêler le vrai du faux… Je n’en dis pas plus pour l’intrigue.

Passons à ce que j’en ai pensé. L’idée : 10/10 ! Comment ne pas compatir avec cette pauvre (jeune) femme qui croit avoir la vingtaine mais se retrouve enfermer dans le corps et la vie d’une femme marié, mûre, au foyer, et malade !? Pour le traitement, mes remarques touchent à la temporalité surtout. Grâce aux notes précises que j’ai prises lors de ma lecture, je me souviens m’être perdue entre le temps présent de la narration du point de vue de Christine : ce qu’elle vit, croit se souvenir, le temps de l’écriture de son journal intime : toujours “avant d’aller dormir”, avant que la mémoire n’efface tout, ou encore ses visions qu’elle ne sait pas attribuer au domaine du passé ou du rêve.

Peut-être que, faute d’une véritable histoire sur laquelle méditer, mon esprit avait créé un souvenir de toutes pièces. (…) Comment réinventer au mieux mon passé pour le rendre tolérable. Que me donner à croire pour le reste de ma vie. (…) Rien ne paraît réel, tout semble inventé. Même moi.

Du coup, en tant que lectrice, j’ai eu l’impression de perdre la mémoire moi aussi ! Ai-je déjà lu ce chapitre ? Que sais-je que Chris ne se rappelle pas ? Comment sait-elle cela ? Pourquoi je me rappelle de ceci ? On devient un peu skyzo ! Car toutes les journées commencent pareilles : le réveil perdue, les questions sur l’identité de Ben, pourquoi elle a 47 ans et pas 22… et pas toujours les mêmes réponses. C’est là que ça devient intéressant.

“L’idée que son mari lui cache quelque chose traîne en longueur”. J’ai écrit ça vers les 300 pages sur 700 (en fonction de la taille et de la typo du texte numérique), car ce n’était pas la première fois que l’héroïne évoquait la possibilité de mensonges, secrets cachés ou mystères. Sans toutefois oser lui parler franchement. D’ailleurs son affection au Dct Nash est étonnante par rapport au peu de confiance qu’elle accorde à son mari ! Alors j’ai fait mes propres hypothèses… pour n’obtenir les réponses qu’à la fin. Forcément.

Le rythme s’accélère crescendo vers les 600 pages, quelques rebondissements, des éléments intrigants, des questions plus directes à Ben de la part de Chris… Le puzzle reprend forme, les pièces manquantes apparaissent… Et “la fin heureuse (…) va un peu vite mais ce n’est peut-être pas plus mal. Tous les agissements et mystères de Ben prennent sens. On obtient la vraie version”. Et c’est ça qui comptait pour moi : comprendre.

Très bon point pour une des scènes finales digne d’un super polar : visuelle, stressante, à l’issue inattendue.

Pour les fans du livre ou de cinéma, les studios de Ridley Scott a déjà acheté les droits d’adaptation cinématographique du thriller !

La quatrième de couverture

À la suite d’un accident survenu une vingtaine d’années plus tôt, Christine est aujourd’hui affectée d’un cas très rare d’amnésie : chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune femme célibataire ayant la vie devant elle, avant de découvrir qu’elle a en fait 47 ans et qu’elle est mariée depuis vingt ans.

Son dernier espoir réside dans son nouveau médecin, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime afin qu’elle puisse se souvenir de ce qui lui arrive au quotidien et ainsi reconstituer peu à peu son existence. Quand elle commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, Christine est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer. Très vite elle va devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé… et sur son présent.

Avant d’aller dormir, S.J. Watson, Sonatine éditions, thriller, 400 pages, 21€

Commentaire (1)

15 avril 2012

La soif primordiale – Pablo de Santis

Filed under: avis de lecteur — Delphinesbooks @ 19 h 05 min

Lu par Carole

  • Auteur : Pablo de Santis
  • Ma note : 3
  • Lu : avril 2012 sur Sony PRS-T1

4e de couverture

Dans la Buenos Aires des années 50, à l’ombre de la dictature, Santiago, un jeune provincial réparateur de machines à écrire, se retrouve par hasard responsable de la rubrique ésotérique du journal où il travaille et informateur du ministère de l’Occulte, organisme officiel chargé de la recherche sur ces thèmes et les vérités qu’ils recouvrent. Malgré son scepticisme à l’égard du surnaturel, Santiago assiste à une rencontre de spécialistes des superstitions, y est témoin d’un meurtre et mis en contact avec « les antiquaires », des êtres extraordinaires qui vivent dans la pénombre entourés d’objets anciens, vendent de vieux livres et sont la proie d’une soif primordiale, celle du sang. Le hasard ou le destin, mais surtout un étrange amour, puissant et troublant, amènera Santiago à ne plus résister à cette soif et il devra alors chercher à survivre, peut-être pour l’éternité, dans un monde hostile.

Mon avis

Titre alléchant, quatrième de couverture prometteuse, un auteur qui m’est inconnu, et me voilà cédant à la pulsion. L’auteur nous propose une vision à la fois originale et classique du mythe du vampire, car (heureusement) très loin de tout ce que l’on peut lire actuellement sur ce thème. Il situe l’action dans l’Argentine des années 50, et le narrateur est un jeune réparateur de machines à écrire qui est subtilement amené à côtoyer d’étranges individus dont la nature extraordinaire ne tardera pas à lui être révélée, puisqu’il sera lui-même impliqué dans le destin de ces créatures. Il ne me semble pas voir lu une seule fois le mot « vampire », cela en dit long sur la façon dont l’auteur traite le sujet. Loin de l’aura de séduction qui entoure habituellement les personnages de vampires, le récit est sobre, presque réaliste, car il nous est rapporté par l’un d’entre eux, et tout le potentiel so glamourous du vampire s’évapore, bien que le mystère soit malgré tout omniprésent, même pour le narrateur. Ils ne sont pas immortels mais leur fabuleuse longévité développe leur amour des vieilles choses, et ils exercent ainsi la profession d’antiquaire, chacun ayant une spécialité de prédilection, libraire, numismate, etc. Vivant dans l’ombre, ayant trouvé le moyen de satisfaire leur soif de sang en toute « légalité », ils prennent soin de pas faire de vague, mais leur sécurité et leur anonymat ne tiennent qu’à un fil, et ils sont à la merci de la curiosité d’universitaires peu scrupuleux et trop persévérants.

L’auteur met en place ses personnages, son décor, avec une grande habileté, il nous plonge efficacement dans une époque et une ambiance bien particulières, mettant en scène un anti-héros qui en peu de temps connaît de brusques et irréversibles changements : il atteint l’âge adulte, évolue professionnellement et socialement, et découvre l’amour dans des circonstances peu habituelles. Sans parler de sa contamination et de son nouvel état. Le personnage de Santiago est troublant, il semble subir un destin hors norme sans beaucoup d’émotion, et j’ai eu du mal en avoir de l’empathie pour lui, pour ses amours, pour son nouvel état « d’antiquaire », je n’irai pas jusqu’à dire qu’il n’est pas intéressant, mais il m’a semblé manquer d’épaisseur, de passion, de vie. Il paraît assez détaché, même sa quête du livre convoité par d’autres protagonistes n’est pas convaincante, ce qui chez un autre auteur serait passé au premier plan de l’intrigue reste ici au stade de l’idée, car de Santis semble avoir opté pour la sobriété à tous les étages, sans aller trop loin dans le développement de l’histoire, et en se cantonnant à la vision du narrateur. Malgré tout ce dernier ne m’a pas particulièrement touchée, car l’univers évoqué, le milieu des « antiquaires », leur condition, leur organisation, tout ce qui aurait pu donner un roman riche et dense ne pas pas paru assez exploité. La soif primordiale est un roman d’atmosphère plein de potentiel, très plaisant à lire, mais beaucoup trop court pour profiter de l’univers à peine ébauché par Pablo de Santis.

Commentaire (1)

Fin de route – Jean-Louis Michel

Filed under: avis de lecteur — Delphinesbooks @ 19 h 01 min

Lu par le souffle numerique

Aujourd’hui, intéressons-nous un peu à la collection Polar “Noir c’est noir” de Numérik.livres, l’éditeur  100% numérique que nous ne présentons plus. Cette récente collection est dirigée par Jean Basile-Boutak , auteur de C’est noël mon père dont j’avais fait la rapide revue il y a quelques mois, et qui n’avait rien d’un polar. Pour tout dire, le polar n’est pas ma tasse de café (noir), et j’y entre avec un manque certain de références, si ce n’est d’avoir regardé les différentes saisons de Dexter ! Mais je n’ai pas l’impression que Numerik.livres fasse dans le vieux polar poussiéreux si bien que ce ne fut pas vraiment un problème. C’est tout du moins l’impression que m’a donné la lecture de “Fin de route”, de Jean-Louis Michel, que je chronique aujourd’hui.

Fin de route, ce titre ne tient rien au hasard puisque ce roman a tout du road trip, et m’a donné l’impression d’un bon pulp, rapide et violent. Rien ne laisse pourtant présager ce qui va arriver à Denis et Tanya, un couple bobo établi à Boston et qui traverse la crise de la quarantaine un peu avant l’heure, usé par ses vieilles habitudes. En fin de route, ce couple semble l’être : lui démis de ses fonctions de professeur pour une sombre histoire de liaison avec une élève, elle journaliste talentueuse mais lasse d’une vie bourgeoise servie sur un plateau… mais ce n’est rien à côté de Jack et bébé qu’ils ne tarderont pas à croiser.

C’est en décidant de tout plaquer pour partir en virée sur les routes américaines que notre couple va rencontrer ces deux nouveaux protagonistes : un ancien militaire assez inquiétant et une gamine paumée qui lui sert de copine et de défouloir, qui vont partager un bout de route avec eux, et sans doute pas le meilleur de leur voyage.

Fin de route n’est pas un roman policier, car davantage centré sur la mentalité des différents personnages, qui ont tous quelques côtés sombres à dissimuler, un passé peu glorieux ou des blessures encore ouvertes. Ce sont d’ailleurs les relations entre chacun de ces personnages qui fera avancer l’histoire, et aura une grande influence sur le destin de chacun d’entre eux.

Il ne faudra pas vous attendre à une enquête, car c’est l’action qui prend le dessus dans ce roman, dont le récit s’étale à peine sur plus d’une semaine si on oublie l’épilogue. Ceci fait de Fin de route un roman agréable à lire et qui vous tiendra en haleine, surtout pour les plus sadiques d’entre vous. A ce propos, deux passages, dont le tout début, m’ont parus suffisamment malsains pour déranger, si bien que je ne conseillerais pas ce livre à un jeune public !

 Seul bémol, et qui n’a rien à voir avec le texte en lui-même mais concerne davantage l’éditorial : j’ai trouvé dommage que ce roman soit coupé en deux tomes. Le texte est en effet divisé en deux parties de 2,99€ chacun. Cette coupure n’apporte franchement pas grand chose au texte qui ne gagne pas à être séparé en épisodes comme peut l’être le Waldganger par exemple, dont la coupure en épisode me parait nettement plus naturelle. J’ai davantage perçu cette division -et peut-être à tort- comme une manière non assumée de vendre ce texte à 6€.

Ce détail mis à part, Fin de route reste une valeur sûre, que je conseille aux fanas de routes américaines, de tueurs sanglants et de road trip qui finissent mal ! Vous le trouverez comme d’habitude chez toutes les bonnes crémeries numériques ! Et achetez bien les deux tomes si vous ne voulez pas vous voir coupé dans votre lecture !

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